Bonne continuation, Musée Dapper ! Bia yi wa simsane – We’ll miss you so much here in Paris !

Dimanche 18 juin, le Musée Dapper ferme son espace du 16e arrondissement (Paris)

My 2 cents – La rumeur courait depuis un moment et s’est concrétisée. Dimanche 18 juin, la Fondation Dapper a baissé définitivement le rideau. En effet, le Musée Dapper, célèbre espace parisien de près de 1800m2 dédié aux arts noirs, a fermé ses portes au public. Ce multi-espace culturel avait une excellente et éclectique librairie-café offrant à la vente les dernières parutions de la littérature, avec une place de choix pour les œuvres d’auteurs africains ou afrodescendants de l’espace francophone mais aussi anglophone. Ce lieu offrait ainsi la possibilité d’avoir accès aux livres de maisons d’édition de qualité installées sur le continent. C’était une belle occasion de s’offrir, ou offrir aux siens, une littérature qui manque encore cruellement de médiatisation.

La librairie-café du Musée Dapper. Rendez-vous en ligne pour découvrir la collection « Au bout du monde », des livres jeunesses ayant pour cadre l’Afrique contemporaine (Lagos, Accra, etc.) ou les communautés afrodescendantes

Le Musée Dapper disposait aussi de lieux d’exposition de collections et œuvres d’art, ainsi que d’une belle salle de projection où avaient gratuitement lieu des séances-ciné pour adultes et enfants, suivies d’un débat en présence du réalisateur et/ou équipe du film projeté. Exemple de films vus là-bas ces derniers mois : « WULU » (Sénégal) que je vous recommande particulièrement pour avoir une idée des ramifications entre insécurité au Sahel et trafic de drogue (l’Afrique, notamment de l’Ouest devenant de plus en plus une plaque tournante en terme de transit, mais aussi de consommation). Autre film vu, « HALF OF A YELLOW SUN », brillante adaptation du livre de Chimamanda Ngozi par son compatriote Biyi Bandele (qui avait d’ailleurs fait le déplacement depuis Londres, pour discuter avec le public parisien). Enfin, signalons que ce lieu donnait à moult artistes et groupes africains, l’opportunité de se produire dans un cadre d’exception en plein Paris. Dans la vidéo ci-dessous, un extrait du passage de l’artiste camerounais BINDA NGAZOLO avril dernier.

Une des salles d’exposition du Musée Dapper, qui donnait à voir des collections permanentes ou temporaires

Les raisons officielles de la fermeture de l’espace Dapper à Paris : le musée, une initiative privée, ne recevait aucune subvention publique et les charges devenaient lourdes à gérer. De plus, la fréquentation du lieu a grandement baissé notamment du fait de l’arrivée du musée du quai Branly. Et avec cette fermeture du rideau à Paris, un autre souvenir tout aussi nostalgique, bien avant, c’est l’excellent maison d’édition Dapper (avec une collection-culte dédiée spécialement aux jeunes ados – « Au Bout du Monde« ), qui baissait aussi le rideau. Leurs ouvrages sont disponibles sur leur boutique en ligne, faites les lire à vos enfants (tranche 8-14 ans notamment), vous m’en direz des nouvelles !

L’auditorium du Musée Dapper, où étaient gratuitement projetés chaque mois des films en direction de la jeunesse ou des adultes, projections suivies par un débat

L’espace Dapper va fermer, et difficile en tant que Africaine, de ne pas pointer aussi ce manque d’intérêt des communautés noires de France à des initiatives centrées pourtant sur leurs cultures, en dehors de la musique populaire. Toutefois, que les aficianados de l’art se rassurent, Dapper ploie, mais ne disparait pas. La Fondation va se redéployer autrement, au Sénégal et dans les Caraïbes notamment. Pour ma part, le 18 juin, j’aurai une pensée spéciale pour le Musée Dapper, et notamment pour sa présidente, Christiane Falgareyttes-Leveau, digne ainée Guyanaise qui avec son feu mari, un passionné de l’Afrique, ont offert aux amoureux de la culture de ce continent un lieu de rêve pour vivre et vibrer au rythme d’une culture noire si riche, si belle.

Christiane Falgayrettes-Leveau (ancienne journaliste d’origine guyanaise), présidente de la Fondation Dapper, peut être fière d’avoir concrétisée avec son mari (feu Michel Leveau), un lieu d’exception pour porter haut les cultures noires au cœur de Paris.

Bon vent à toute l’équipe du Musée, et puisse la nouvelle aventure en terre sénégalaise et caribéenne être pleine de succès !

A voir aussi : Le documentaire « What Happened, Miss Simone ? »

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