• ETRE PARENTS… Et si on replaçait les enfants au centre de tout?

    Souce photo : Page facebook de Nick Harris

    Souce photo : Page facebook de Nick Harris

    SOCIETE – Point de vue sur un cas survenu aux États-Unis il y a quelques semaines, et qui continue de faire le buzz sur le Toile, un échange conflictuel entre un couple séparé : une jeune mère (blanche) et un père (Noir) autour de leur fillette métisse. Pour résumer : Nick Harris, coiffeur, a une petite fille métisse de 3 ans à qui il fait faire des nattes collées, pendant son tour de garde. Le jeune papa publie fièrement les photos de sa puce, suscitant une houleuse dispute privée Facebook avec la mère de l’enfant. Pour celle-ci, sa fille fait « trop noire » avec des nattes.

    Demandant conseil pour savoir si c’est lui qui interprétait mal les faits, ou si quelqu’un avait déjà vécu une situation similaire, Nick Harris écrivait : “So I don’t really like to bring my drama to Fb . But I’m just curious if I’m crazy or if anyone else has ever dealt with a similar situation. I need advice ». S’en suivaient des copies écran de l’échange avec la mère de sa fille Izzy.

    Un cas qui m’a fait réfléchir sur la difficile équation éducationnelle des enfants. S’il est vrai que tout couple séparé peut être soumis à moult tensions, celles-ci, dans le cas des couples dits mixtes, acquièrent un relief tout particulier où la première victime est toujours l’enfant métis, son éducation (et donc sa personnalité) devenant un enjeu pour un des camps. Nul ne le dira en public, mais, femmes ou hommes noir-es mariés à des conjoints-tes blancs, combien vivent en silence au quotidien cette guerre où l’enfant métis devient une arme? Combien d’interdiction de sortie du territoire initiées par les ex-conjoints pour des motifs souvent tirés par les cheveux? Combien d’ex-conjoints agissent comme s’ils essayaient d’expurger leur déception (car souvent ça revient à ça) en voulant gommer une part de leur enfant métis? Combien de femmes ou hommes noirs, par honte, raisons matérielles ou incapacité à accepter s’être trompés, acceptent en silence de mettre en mode « off » une part de leur identité, afin que ne vole pas en éclat leur « couple mixte » vu comme le graal? Et au milieu, des enfants métis qui souvent, (s’ils n’ont pas cette chance d’avoir un des parents avec un minimum de recul), se retrouvent écartelés entre deux cultures/univers.

    Copie écran page Faceook de Nick Harris. A

    Copie écran page Faceook de Nick Harris

    De quoi se demander pourquoi se mettre avec une personne de couleur différente, si au fond de soi, on est pétri de complexes d’infériorité ou de supériorité, les deux étant les faces d’une même pièce? Pense-t-on, en craquant qui sur une Noire, qui sur une blanche, guérir des blessures intérieures dont dont on n’a pas souvent conscience? Dès lors, l’union mixte devient ébauche d’une thérapie vouée à l’échec, car, nul n’a jamais rempli son vide intérieur via un tiers.

    Être parents… Et si on replaçait les enfants au centre de tout? Et en ce qui concerne les unions mixtes, rien n’est pire que s’y mettre pour des mauvaises raisons, cela équivalent à alimenter une véritable usine à gaz de complexes et d’enfants déstructurés. En tant que parent, mère notamment, quel plus beau rôle aussi que celui d’offrir à son enfant, l’image la plus équilibré possible, afin qu’il/elle soit le moins tenté de se mettre en couple avec une personne différente, pour des mauvaises raisons. L’amour entre cultures différentes existe, il requiert un défi supplémentaire, qui est du champ de la réelle acceptation de l’autre. Pour vraiment accepter l’autre, il faut déjà s’accepter soi-même. A nouveau, on ne se met pas en couple mixte pour guérir son mal-être ou complexes, cela ne fera que les alimenter et générer des générations d’enfants mal dans leur identité. (M.Z.M.)

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