Clap de fin pour la CAN 2015 + suspension des 2 prochaines éditions pour le Maroc

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SPORT – La Confédération africaine de football (CAF) dirigé par le camerounais Issa Hayatou, a tranché : le Maroc, qui au dernier moment s’est désisté pour l’organisation de la CAN 2015 (qui s’est achevée ce dimanche en Guinée Equatoriale avec la finale Côte d’Ivoire-Ghana, et la victoire des Eléphants aux tirs aux buts, Ndlr), est suspendu pour les éditions de 2017 et 2019. Le pays avait déjà été disqualifié de la CAN 2015, et outre la suspension des 2 prochaines CAN, le Maroc écope aussi d’une sanction financière. Le royaume chérifien doit en effet payer une amende d’un million de dollars (882.000 euros), a indiqué vendredi la CAF. Toutefois, le Maroc participera bien aux éliminatoires de la Coupe du Monde 2018, ainsi en a décidé la FIFA.

Le Maroc avait refusé d’organiser la CAN 2015 en prenant pour prétexte le virus Ebola. Pourtant, au même moment, le pays accueillait une autre compétition internationale : la Coupe du monde des clubs. Il s’est avéré qu’en place des présumés risques liés à Ebola, il fallait plutôt regarder du côté de la gestion financière (notamment la construction des infrastructures) de l’organisation des compétitions sportives prévues dans le pays à ce moment. Plus d’explications avec une dépêche de l’agance Xinhua* datée du 09/01/15 : « Suite aux dysfonctionnements qu’a connus l’un des matchs de la Coupe du monde des clubs au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat, le roi marocain Mohammed VI a décidé de mettre fin aux fonctions du ministre marocain de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Ouzzine, suite à la demande qu’il a présentée au chef du gouvernement en vue de soumettre au souverain une requête pour qu’il soit démis de ses fonctions », et un communiqué du cabinet royal expliquait que « le rapport de l’enquête complète et globale, menée par les ministres marocains de l’Intérieur et de l’Economie et des Finances, a établi la responsabilité politique et administrative directe du ministère de la Jeunesse et des Sports, ainsi que celle de l’entreprise, dans les dysfonctionnements enregistrés au niveau de la réalisation de ce projet, particulièrement des défauts dans la réalisation des travaux de drainage des eaux, l’aménagement de la pelouse du stade qui ne respectait pas le cahier des charges, outre des défauts et lacunes dans la qualité des travaux réalisés par l’entreprise en charge du projet. » Le communiqué ajoutait : « Des dysfonctionnements dans le processus de contrôle réalisé par le ministère de la Jeunesse et des Sports, ce qui a empêché d’assurer un suivi efficient des travaux. Le retard enregistré dans le lancement des travaux au regard du calendrier des compétitions programmées ». Les mêmes causes produisant les mêmes effets, si la Coupe du monde des clubs a connu plusieurs dysfonctionnements, comment la CAN y aurait-elle échappé, les deux compétitions ayant lieu presqu’au même moment?

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Face à une CAF déterminée à ne pas annuler la CAN 2015, la Guinée Equatoriale est venue à la rescousse, permettant au football africain, de tenir sa plus grande compétition. Et le moins qu’on puisse dire est que ce petit pays du Golfe de Guinée (moins d’un million d’habitants), a relevé le pari haut la main. La Guinée Equatoriale, qui ne disposait que de 2 mois pour organiser la compétition continentale, a offert à l’Afrique une des plus belles CAN, même si on peut déplorer le couac du match Ghana-Guinée Equatoriale (demi-finale) lorsque les agissements des supporters ont conduit à interrompre le match pour plus d’une demi-heure, et à évacuer les spectateurs. N’empêche, cet incident à lui seul ne viendra pas jeter le discredit sur l’ensemble de la compétition, qui s’est achevé ce soir avec l’épique finale CÔTE D’IVOIRE – GHANA.

Autre actualité de la CAN, la suspension qui pèse sur la Tunisie.  Suite à son élimination en quart par la Guinée équatoriale suite à un penalty contesté, les Tunisiens avaient tenté d’agresser physiquement Rajindraparsad Seechurn, l’arbitre du match, obligeant la police à inervenir. Le président de la Fédération tunisienne de football a depuis lors démissionné de la Commission d’organisation de la CAN. La FTF, qui avait jusqu’au 5 février pour présenter des excuses officielles, après avoir accusé la CAF de partialité, n’en a rien fait. Aujour’dhui, les Aigles de Carthage risquent la suspension pour 2017.** Maroc, Tunisie… à l’heure où l’Afrique est résolument engagée dans des actions de terrain tendant à rendre effective la politique d’intégration continentale (exemple avec la gestion du conflit boko haram), on ne peut que déplorer ces actes de nature à cliver Afrique subsaharienne et Afrique du nord !!

Finissons sur une note résolument positive, avec cette vidéo de l’hymne de la CAN 2015, qui a poussé le concept « panafricanisme » jusqu’au bout, avec un morceau qui mixe plusieurs rythmes du continent, avec des artistes venus de différents pays, comme Toofan (Togo), Molare (Côte d’Ivoire), Arielle T. (Gabon), Mani Bella (Cameroun), Eddy Kenzo (Ouganda), Singuila (RCA-Congo-France)… (Minsili Zanga)

Vidéo de « Hola Hola »,la chanson officielle de la CAN 2015, La CAN 2015

* Source : Agence Xinhua
** La Tunisie suspendu de la CAN 2017? Lire l’article de RFI sur le sujet

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